N°1 – 09/01/2026
L’Unaf alerte sur l’urgence d’agir et propose un plan d’action concret
À quelques jours de la publication du bilan démographique de l’INSEE, l’Unaf a présenté lors d’une conférence de presse un état des lieux préoccupant de la natalité française et dévoilé ses propositions pour permettre aux familles de réaliser pleinement leur désir d’enfant.
Un déclin continu malgré un désir d’enfant toujours fort
Les chiffres sont sans appel : depuis 2014, la France connaît une chute continue de sa fécondité. L’indice conjoncturel de fécondité est ainsi passé de près de 2 enfants par femme à environ 1,60 aujourd’hui. Pourtant, le désir d’enfant des Français reste élevé : 2,27 enfants en moyenne selon l’enquête Unaf/Vérian de 2024. « On ne constate pas de variation du désir d’enfant en 15 ans donc on ne peut pas expliquer la chute de la fécondité par une chute du désir d’enfant », souligne Bernard Tranchand, Président de l’Unaf. « Il faut donc lever les freins pour permettre aux familles d’accueillir autant d’enfants qu’elles le souhaitent. »
Selon les parents et futurs parents : des freins matériels omniprésents
L’enquête de l’Observatoire des familles0F[1] menée par OpinionWay pour l’Unaf amène, comme plusieurs autres enquêtes officielles, vers le même constat : ce sont les freins matériels qui expliquent largement le décalage entre désir d’enfant et réalité. Un chiffre particulièrement révélateur : alors que seulement 9 % des parents déclaraient avoir eu leur premier enfant plus tard que souhaité en 2012, cette proportion a plus que doublé pour atteindre 21 % en 2023. Avant d’avoir un premier enfant, les trois conditions jugées les plus importantes sont d’être en couple stable, d’avoir un logement adapté et d’avoir assez d’argent. Et pour ceux qui n’ont pas encore d’enfant, la question financière arrive même en première position.
Au-delà du premier enfant, les freins identifiés pour agrandir la famille sont également clairs : le manque de confiance dans l’avenir et le coût de l’enfant arrivent en tête.
Un plan pour construire une société plus accueillante pour les enfants et leurs parents
Pour l’Unaf, il faut agir à tous les niveaux, pour tous les âges des enfants et mobiliser l’ensemble des acteurs qui concourent à la qualité de vie des familles. Elle propose ainsi trois conditions essentielles :
- Intégrer « la réalisation du désir d’enfant » dans les objectifs officiels de la politique familiale française,
- Mobiliser davantage de moyens vers les familles avec enfants et cesser toutes mesures défavorables,
- Agir sur les besoins identifiés par les parents : du temps auprès de leurs enfants, des soutiens financiers et des services pour alléger le coût de la charge d’enfant et faciliter la vie au quotidien.
Parmi les mesures concrètes préconisées figurent notamment : la promotion du congé de naissance, l’amélioration de la conciliation vie familiale/vie professionnelle, la mise en place effective du Service public de la petite enfance et la réduction du coût de l’accueil pour les parents, l’amélioration de l’allocation de base de la Paje pour le premier enfant, une meilleure prise en compte de la charge d’enfants dans la fiscalité, et des mesures facilitant l’accès au logement pour les familles.
Autant de solutions à court et moyen terme à mettre en œuvre par l’ensemble des acteurs (l’État, mais aussi les collectivités territoriales, dont les communes, le monde du travail, ainsi que la société toute entière) qui doit accueillir dans les meilleures conditions les enfants et mieux entourer leurs parents.
L’Unaf appelle à une démarche programmée de réinvestissement dans la politique familiale, dès aujourd’hui et pour la prochaine mandature, afin de redonner confiance aux familles et leur permettre de concrétiser leurs projets parentaux. De ce point de vue, la création d’un nouveau congé après la naissance, bien indemnisé, qui a été obtenu par l’Unaf, constitue une première réponse aux attentes des parents.

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